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 fall short, break rank poppy/bianca

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Ollie Myers
MEGAMODEST i never boast... or just a little.
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Messages : 982
Date d'inscription : 14/08/2010
Age : 26

MessageSujet: fall short, break rank poppy/bianca   Dim 11 Fév - 3:18

Poppy Bloom a écrit:
what I'm trying to say is
I'll protect you til the day I meet my maker
so don't fight me now
cause you might need me later 

Poppy atteint le fond de sa patience. Elle a une coupe de champagne dans la main gauche, liquide intact qu'elle fait cependant semblant de siroter depuis exactement vingt-deux minutes et treize secondes - et le simple fait qu'elle sache dater l'entrée des bulles en sa possession à la seconde près en dit long sur le degré de fascination qu'elle éprouve pour les ambitions professionnelles de son interlocuteur. Comment Poppy a-t-elle pu mener une existence de presque trois décennies sans un jour s'interroger sur la portée exacte des visées expansionnistes du groupe hôtelier Gleneagles, le mystère reste entier. Dieu soit loué, cet âge sombre prend désormais fin, courtoisie de  Prénom Oubliable Nom de Famille Oublié, voisin de table de Poppy. L'individu se sent apparemment investi d'une mission divine, à savoir kidnapper l'attention de Poppy qui, tragiquement pour lui, gravite bien davantage autour de la lourde horloge surmontant la pièce que les projections sur deux ans d'une compagnie dont elle se fout royalement. "Uh-uh," est, jusqu'à présent, sa seule contribution à la conversation. Elle jette un nouveau coup d'oeil, au dessus de l'épaulette du costard cher et mal coupé de Prénom Toujours Oublié Sans Qu'Aucun Effort Ne Soit Fourni Dans Le But Inverse. Bianca rit aux éclats à la table d'à côté. A l'évidence, la jeune femme est, comparée à Poppy, soit mieux accompagnée, soit meilleure comédienne. Remarque que les deux ne sont pas mutuellement exclusifs. Bianca sourit, hoche la tête, semble faire une confidence à son voisin de table qui se lève, se penche pour lui dire quelque chose avant de s'en aller va en direction du bar. Poppy voit une opportunité, la saisit. D'une manière absolument cavalière, toutefois adoucie par un sourire tout aussi absolument adorable, Poppy lève un index entre Prénom Inconséquent et elle. L'interrompt sans le moindre scrupules, visage angélique, lèvres entrouvertes comme si elle s'apprêtait à faire un commentaire, ou ses adieux. Il se tait. Enfin. Index toujours levé, lèvres toujours entrouvertes, elle se lève. Et l'abandonne sans un mot.

"Deux tables de célibataires ?" Poppy se laisse tomber sur la chaise dorée à côté de celle de Bianca, fraichement désertée. "Tu t'attendais à ce qu'il y ait deux tables de célibataires ?" Poppy n'avait déjà franchement aucune envie de se montrer à ce mariage, unissant jusqu'à ce que la mort les sépare deux personnes qu'elle serait totalement incapable de reconnaître dans une foule si sa vie en dépendait. Ce fut une requête de sa mère, insistant qu'un représentant du clan Bloom devait absolument y être présent (and you're the only one left of those, sous-entendait lourdement le ton). Question de politesse. Pense à ton père. La seule chose ayant rendu la perspective de cette soirée supportable, c'est la présence de Bianca. Si leur amitié navigue parfois (souvent) des eaux tumultueuses, au moins, morosité n'aurait jamais été partie du programme. Poppy avait imaginé la soirée à la perfection : elles allaient jouer à 'one, two, three, he's yours', critiquer les petits fours et la prétention générale de la soirée, ainsi que commencer beaucoup de phrases par une inspiration excitée et un "remember when?". Intervint le plan de table qui ruina définitivement ces beaux projets. "Je t'échange Cravate Orange contre Bore McBoring de la table 16 et cette flûte de champagne," qu'elle dépose sur la table. Elle a froid. Le tissu vaporeux de sa robe ne fait rien pour lutter contre la chair de poule qui s'étend de son poignet à son épaule, alimentée par les courants d'air de ce maudit château - car faire la réception dans un endroit un tantinet moins pompeux aurait été un poil trop plébéien, assurément.  

Bianca Cobalt a écrit:
She was the type of girl the moon chased
and the stars wished.




Bianca n’aimait pas vraiment les mariages. Assister à l’union hypocrite de deux personnes qui se témoignaient leur amour éternel avant de probablement divorcer quelques années plus tard n’était pas son truc, mais, par politesse elle venait quand même aux cérémonies la plupart du temps. Même si elle n’était pas la personne avec le plus de tact de Fortingall, elle ne s’imaginait pas vraiment dire aux mariés qu’elle ne voulait pas assister au soi-disant plus beau jour de leur uniquement car ça la faisait chier. A vrai dire, elle l’avait fait une fois avec une de ses amies ; amie dont elle n’avait bizarrement plus de nouvelles à ce jour. Mais malgré tout, les mariages étaient souvent sauvés par la compagnie de certaines personnes. Aujourd’hui, par exemple, elle était censée passer la journée avec Poppy, une manière agréable de traverser cette journée ennuyeuse. Malheureusement, le plan de table en avait décidé autrement et Bianca se retrouvait entourée de parfaits inconnus. Elle avait fait des efforts pour une fois, elle avait entamé la conversation, avait essayer de détendre l’atmosphère mais ses compagnons de tablée ne l’aidaient pas vraiment dans sa tâche. Un adolescent trop âgé pour être à la table des enfants ne disait pas un mot et se contentait de la reluquer de manière embarrassante. Deux filles apparemment amies – dont l’une d’elle refaite de la tête au pied – refusaient de prendre part à la conversation et se contentaient de parler entre eux, à voix basse, merci pour l’intégration. Une autre fille avait les yeux fixés sur son smartphone et se contentait de lâcher des « hmm-hmm » de temps à autre. Il y avait le classique du mec bourré qui n’avait pas réussi à tenir jusqu’au repas et qui était désormais tête contre table, endormi. Et pour finir, son voisin de gauche. Un type dans la trentaine au style vestimentaire douteux (une cravate orange, vraiment ?) et qui ne connaissait apparemment pas la définition du mot parcimonie quand il s’agissait de l’usage de son parfum. Pour ne rien arranger, il la draguait avec insistance à l’aide de phrases d’accroches probablement trouvées sur internet ou dans une mauvaise série. Lourd et pas du tout subtil, il persistait, pensant sûrement que sur malentendu il avoir le droit à sa première pipe de l’année, début décembre. Lassée, elle finit par rentrer dans son jeu, se mit à rire aux éclats à ses blagues les plus déplacées et lui chuchota quelques mots à l’oreille. Une seconde plus tard, le dragueur des bacs à sable s’était levé et fonçait en direction du bar. Alors que Bianca soufflait un peu, ravie de son départ, Poppy s’installa aussitôt à la place laissée vacante, enfin une bonne nouvelle. Elle ne pût s’empêcher de sourire à sa remarquer sur le nombre de tables de célibataires, auquel elle répondit du tac au tac. « Je t’avais dit que tu aurais dû être mon plus-one. Tu ne m’écoutes jamais. » Une proposition qu’elle avait faite sur le ton de la rigolade quelques jours plus tôt, mais qui leur aurait évité ce mauvais moment à passer. Car Bianca le voyait sur la tête de son amie, elle s’ennuyait au moins autant qu’elle. Elle leva les yeux au ciel lorsque Poppy lui proposa d’échanger de table contre un verre de champagne. Better the devil you know, than the devil you don’t. « Tu sais que le champagne est plus ou moins à volonté ici, pas vrai ? » répondit-elle tout de même dans un rire cristallin. « Merci, mais non merci. » Mais après tout, pourquoi auraient-elles à choisir entre la peste et le choléra alors qu’elles pouvaient très bien n’en choisir aucun des deux. « Mais j’ai une contre-proposition avant que tu ne retournes voir ton passionnant voisin de table. » amorça-t-elle, se rapprochant au passage de Poppy. « Tu restes ici, à ma table. » proposa-t-elle, tout simplement, avant de poursuivre. « Vois-tu, le cher monsieur qui s’en est allé récupérer une bouteille de champagne au bar pense que je vais le rejoindre dans sa chambre d’hôtel. » Un sourire malicieux sur les lèvres, elle savait qu’elle s’était débarrassée de lui pour un bon moment et que le plan qui consistait à passer la soirée aux côtés de Poppy à balancer sur toutes les personnes possibles et imaginables pouvait finalement prendre place. « Je dirais qu’on a une heure devant nous, au minimum. » ajouta-t-elle. « Il est aussi capable de boire la bouteille tout seul et de s’endormir comme un idiot sur son lit, ça ne m’étonnerait même pas. » Cette dernière remarque avait peut-être été prononcée un poil trop fort puisque les deux amies de l’autre bout de table la dévisagèrent et partir directement dans leurs messes basses. Bianca leva une nouvelle fois les yeux au ciel puis les dévisagea de haut en bas, puis de bas en haut avec dédain. Elle s’adressa finalement à celle qui avait dû dépenser au moins un salaire annuel dans la chirurgie esthétique. « Chérie, ne reste pas trop près du radiateur, le pastique ça fond. »

Poppy Bloom a écrit:
"Si seulement on m'avait accordé un plus-one," se contente de grommeler Poppy qui, ego habitué à un certain standing, ne s'est pas tout à fait remise du fait que son invitation n'impliquait qu'elle. Pour une cérémonie de cette ampleur, aussi proche d'un mariage royal qu'humainement possible dans la région de Perth and Kinross, la moindre des courtoisies aurait été d'adresser le faire-part à Penelope Bloom and Guest. Certes, elle est ce qui se fait de plus chronique en terme de célibataire et le fait que ses cavaliers soient rarement en costards et quasi toujours en robe fourreau et rangée de perles traîne un léger goût de scandale auprès des plus conservateurs, dont elle se délecte. Bianca aurait fait un charmant plus one, tout en insolence et détachement cynique, partagé, envers l'institution du mariage. Si seulement on lui en avait accordé un. "Et je voulais que tu gardes tes options ouvertes. On ne sait jamais, une rencontre de dernière minute..." Elle lui coule un regard mutin, bref mais juste assez adhésif pour imposer une référence au dernier mariage, il y a quelques années. Où elles avaient prévu de se rendre toutes les deux, et où ils avaient fini par se rendre tous les trois, Poppy, Bianca, et un gallois rencontré la veille par cette dernière, beau comme un dieu grec - mais la comparaison divine s'arrêtait là. Derrière tout le badinage, si facile car l'endroit s'y prête si bien, il y a la petite vérité, discrète et tapie, qui laisse entendre que peut-être, peut-être, malgré tout, malgré les années, Poppy n'avait pas le courage de passer toute la soirée à côté de Bianca. Que peut-être elle a préféré refuser la proposition pour s'éviter de devoir passer l'entière réception à feindre la bonhommie aristocratique qui a toujours été la sienne. "C'est officiel. J'arrête les mariages." Poppy s'apprête à s'octroyer une gorgée de champagne, dont elle aura tout compte fait besoin, mais la coupe s'arrête à mi-chemin entre la table et ses lèvres. "Après celui de Reese, à l'évidence. Mais c'est le dernier." L'acte de présence hypocrite, façon 'on ne croit pas en votre couple une seule seconde, mais on vient boire votre champagne anyway', c'est mesquin, même si décliner l'invitation aurait été mal perçu. Poppy suppose que vu le fiasco Cravate Orange, le sentiment est partagé du côté de Bianca. L'endroit est prestigieux, la nourriture fine, la musique exquise et, dans cette ambiance en tout point royale, elles se font royalement chier. Lorsque Bianca lui donne les détails croustillants du destin ô combien tragique de Cravate Orange, Poppy, toujours friande de ce genre de douces humiliations dont son amie est experte, laisse échapper un rire aigu et franc. "Oh, pauvre garçon. Quelqu'un aurait dû le prévenir que le plan de table l'avait assis à côté de the Wicked Witch of the West." Elles se connaissent depuis suffisamment longtemps pour que Bianca le sache; aussi incongrue que possible, venant de la bouche de Poppy, la référence à l'une des femmes les plus puissantes et indépendantes du corpus littéraire anglo-saxon a tout d'un compliment. Bianca, c'est la grâce féline et les crocs apparents - aux antipodes de Poppy la fleur, douceur démentie que dès lors qu'on cherche à la cueillir. Poppy, en situation d'hostilité, elle est froide et supérieure, contrairement à Bianca qui part à l'offensive avec un plaisir évident - prouvé aussitôt par une réplique cinglante envoyée aux deux convives de l'autre côté de la table. Poppy, pour la forme, roule des yeux. Son désintérêt clinique des inconnus fait d'elle une mauvaise commère. L'attention générale de la table est détournée par le bruit caractéristique de l'argenterie contre le verre; à l'autre bout de la pièce, on réclame lourdement un bisou, un bisou. Stuart et Ellen, aussi roses et bouffis que leur pièce montée, obligent, y mettant un tantinet trop d'enthousiasme pour que le geste reste sophistiqué. Poppy noie son renâclement dédaigneux dans le fond de sa coupe. "Please. Je leur donne trois ans, deux voyages dans les Alpes et un aux Bahamas, avant qu'elle ne demande le divorce. Et dans cinq ans, toi et moi, on est ici, à regarder un nouveau couple échanger de la salive tandis que Stuart s'endort dans sa chambre d'hôtel en attendant que tu le rejoignes." Elle a pourtant affirmé que les noces de Reese et Adrian étaient les dernières. Oh well. Elles semblent inévitables, ces mondanités qui l'irritent, aussi fausses que les pommettes de Barbie, de l'autre côté de la nappe pêche.

Bianca Cobalt a écrit:
She was the type of girl the moon chased
and the stars wished.




Elles auraient mieux fait de rester chez elles – ou de passer une soirée avec les autres filles – plutôt que de venir assister à ce mariage des plus ennuyeux. Elle était assise à la pire table de célibataires qu’elle n’avait jamais eue, les petits fours étaient des plats surgelés, la robe de la mariée était quelconque et les témoins du marié trop saouls et elle pas assez pour qu’elle puisse se laisser tenter par quoi que ce soit. « Si seulement ? » répondit Bianca intriguée, par la réaction de Poppy à l’absence de plus-one. « Tu serais venu avec qui ? » enchaîna-t-elle, à la fois mutine et curieuse de savoir si son amie, aussi indépendante soit-elle, avait vu son intérêt piqué par une personne dont Bianca ignorait l’existence. Ce n’était pas un sujet qu’elles abordaient souvent ensemble. Premièrement parce que Poppy se suffisait à elle-même et n’avait certainement pas besoin d’un homme à ses côtés pour se sentir bien. Deuxièmement parce que Bianca voulait éviter toute conversation qui mènerait inlassablement vers son idiot de frère qui avait brisé le cœur d’une des rares personnes auxquelles elle tenait réellement. Et pour finir, leur passé commun et leurs disputes avaient sacrément ébranlé la confiance au sein de leur amitié, aussi belle était-elle. « Voyez-vous ça ? Mademoiselle Bloom fait dans la charité maintenant ? » s’enquit-elle, un sourcil arqué. « Tu me trouves si désespérée que ça pour espérer me voir ramener quelqu’un à la dernière minute ? La dernière expérience s’est suffi à elle-même, autant jouer un escort, ne serait-ce que pour le professionnalisme. » plaisanta-t-elle. Poppy faisait allusion à un gallois qu’elle avait rencontré dans un bar la veille d’un mariage auquel elle devait assister. Il était aussi beau que sa compagnie était ennuyeuse – et dieu sait qu’il était beau – mais cela, Bianca ne s’en était rendu compte que le jour du mariage, trop imbibée d’alcool la veille pour s’en apercevoir. « Pardon ? » répondit-elle le plus sérieusement du monde lorsque Poppy annonça qu’elle allait arrêter d’assister aux mariages. « Tu es en train de me dire que tu ne supportes pas ces démonstrations d’amour publiques ? Que tu ne crois pas à leurs vœux éternels alors que les mariés se fréquentent depuis deux ans ? Que ton petit cœur d’artichaut ne fond pas devant tant de niaiserie ? » enchaîna-t-elle avec l’éloquence et l’ironie qu’on lui connaissait. « Je suis terriblement choquée. » lâcha-t-elle en mimant une moue offusquée. L’essence même des mariages étaient à l’opposé du tempérament de Poppy, forte, indépendante, cynique, loin de toutes ces mièvreries dont l’on était témoin entre deux verres de champagne dans ce genre de cérémonie. Elle répondit toujours avec la même ironie lorsque son amie la compara au fameux personnage de Baum. « Arrête les compliments, tu vas me faire rougir. » Un pamphlet envers la Barbie assise en bout de table et un bisou des mariés plus tard, voilà que Poppy lançait les paris sur la possible durée de cette piteuse union, assurant que le marié finirait par attendre Bianca dans une chambre d’hôtel. « Et maintenant tu m’insultes. Je ne suis le lot de consolation de personne. » lâcha-t-elle, l’air faussement vexée. « Et puis, je te trouve bien optimiste, deux ans, max. La première année, tout sera rose, Ellen raffolera de son nouveau style de vie, de l’argent facile, des robes à volonté, des dîners dans les restaurants toutes les semaines, des bijoux… Le premier anniversaire de mariage passé, elle se rendra compte qu’elle voudrait davantage, que l’argent ne fait pas tout. Elle se fermera à Stuart, le sexe commencera à se faire rare (et mauvais), alors le pauvre petit bonhomme ira trouver ce qu’il recherche chez une autre femme. Tiens, pourquoi pas Barbie du bout de la table. L’adultère finira par être découvert, comme toujours, et dans deux ans elle sera partie avec la moitié de sa fortune. » Elle marqua un temps d’arrêt, l’air pensive, puis reprit, un léger sourire sur les lèvres. « Pas un si mauvais plan de carrière, quand on y pense. » Sacrifier deux ans de sa vie pour toucher un petit pactole, ce n’était pas si mal après tout. Bianca ? Vénale ? Juste un peu. « Espérons que ça se passe mieux pour Reese en tout cas, elle le mérite. » lâcha-t-elle, consciente de s’aventurer sur un chemin miné, tant ses avis sur le sujet étaient bien tranchés. « D’ailleurs tu penses quoi de la tête à claques de Barsentti ? »

Poppy Bloom a écrit:
Tu serais venue avec qui ? Poppy glousse dans sa coupe de champagne. La fichue question qui valait un trois milliards. Penelope Bloom, la célibataire chronique, au menton trop haut pour que quiconque l'approche. A la tour d'ivoire trop raide. Bien trop occupée à faire son deuil pour s'intéresser à la plèbe, pour tomber amoureuse. Lassée avant même que t'aies ouvert la bouche. Coeur brisé oublié sous une couche de poussière, à l'instar des papiers de son père et des fringues de sa soeur. Frigide, seulement capable de démontrer de l'affection pour ses copines, seules créatures bipèdes suffisamment chanceuses pour avoir droit à autre chose qu'un "tss" et un roulement des orbites. Elle hausse une épaule. "Duh. Toi." Parce qu'il lui suffit de regarder autour d'elle, d'accorder en tout et pour tout trois secondes à l'assemblée pincée et faussement élégante pour savoir que la seule convive digne de son intérêt, c'est Bianca. Après vingt-sept années dans la même ville, elle s'est rendue à l'évidence. Il est trop tard pour dévier de son stéréotype. Elle a fait son lit, elle se couche. Elle avait l'opportunité de mettre les voiles, de se réinventer, de laisser Penelope Bloom dans son rétroviseur - et elle l'a laissée filer. A décidé de refuser l'offre d'un ailleurs pour tenir bon, ici, entre son manoir et ses amies. Servant de support pour les deux. Et regarde tout le bien que ça lui a fait. Bloquée sur le même carousel de mondanités et de visages familiers comme si son foutu talon s'était coincé dans le mécanisme. "Même avec un escort, je suis certaine de finir déçue. L'avantage avec des types comme Cravate Orange et Bore McBoring, c'est what is you see is what you get. Aucune place pour la surprise, si tu démarres en croyant que ce sont des losers et qu'inévitablement, ils te donnent raison." Bitter, much? Peut-être qu'il serait de meilleur goût d'être gracieuse, de sourire, de prétendre, et si Poppy est incapable de mentir, au moins elle pourrait se contenter de se taire. D'avoir fait le tour de la question, Poppy est plus ou moins certaine qu'il n'y a qu'un type dans cette ville qui a prouvé mériter autre chose que son mépris le plus basique; il vit chez elle, a un accent londonien à couper au couteau, et il ne restera pas indéfiniment. Amené à s'en aller, la laisser derrière, parce qu'apparemment, c'est le propre de la race humaine. C'est ce que tout le monde finit par faire. A l'exception des fleurs en pots sur les tours d'ivoire. Pour ce soir, au moins, elle a l'open bar. Le champagne, c'est safe. Le champagne, c'est fiable. Le champagne ne l'a jamais déçue. Les prédictions de Bianca la font rire, carillon parmi le cliquetis des verres. Poppy, tête rejetée en arrière, redresse subitement le menton. Toute trace d'amusement disparue de son visage. "Oh mon dieu. Bianca. Ce jour qu'on craignait tant est arrivé. On est officiellement devenues les sorcières de Macbeth." A constater à quel point les sorcières sont devenues l'imagerie de référence de Poppy cette dernière année, cela donne une estimation assez exacte de son optimisme pour celle à venir. Elle a envie de finir sa coupe de champagne cul-sec. De poser la question avec un Q majuscule, celle qui ne cesse de se heurter aux parois de sa boîte crânienne : what the hell happened to me? Parce qu'elle ne peut pas la poser à Reese, qui est trop occupée à profiter de ce bonheur qu'elle mérite tellement. Parce qu'elle ne peut pas la poser à Taran, qui n'a aucune réponse pour elle, qui barbotte dans les propres débris de l'homme qu'il était avant que tout foute le camp. Et qu'elle ne peut pas poser à Bianca, non plus, car la réponse la plus évidente approcherait bien trop un des grands tabous de leur amitié, l'éléphant dans la pièce, pachyderme avec qui Bianca partage deux initiales et du code génétique. "J'en pense que la réponse est dans la question. Tête. À. Claques." Champagne, et elle est déjà au fond du verre. Crap. "Etrangement, j'y crois. Je pense qu'il va la rendre heureuse. Ne serait-ce que parce qu'il sait que s'il merde d'un cheveu, on lui brise les deux jambes." Peut-être que le pouvoir majeur de Poppy, c'est sa capacité incroyable à dire des choses pareilles d'une voix douce, égale, ingénue, ses traits de madone contrastant méchamment avec ses propos. L'histoire de sa vie : on lui donnerait le bon dieu sans confession, et on découvre toujours le côté furie une seconde trop tard.

Bianca Cobalt a écrit:
She was the type of girl the moon chased
and the stars wished.




« Bonne réponse. » se contenta-t-elle de répondre, armée d’un sourire mutin lorsque Poppy lui répond que Bianca aurait été son plus one si jamais elle en avait eu un. Leur amitié avait connu bon nombre de hauts et de bas au fil des années mais elle en était toujours demeurée forte, même dans les périodes où elles ne s’adressaient plus trop la parole, Bianca avait toujours su qu’elle pouvait compter sur son amie si quelque chose n’allait pas. Leurs caractères respectifs bien marqués les empêchait seulement d’éviter des conflits de temps à autre. L’habituel cynisme de Poppy arracha un nouveau sourire à Bianca. En même temps, après la manière dont Basil l’avait laissé, il n’était pas surprenant qu’elle soit aussi amère sur le sujet des hommes, surtout lorsqu’on connaissait sa propension naturelle pour le caustique. « Ton optimisme m’avait manqué. » lâcha Bianca d’un ton des plus sarcastiques. Elle marqua un léger temps d’arrêt, pensive, avant de finalement reprendre. « Mais c’est un point de vue qui se défend, même si je préfère être seule que de finir avec un cas désespéré comme cravate orange. » Fort heureusement, le cravate orange en question était hors du tableau, ne restait plus que McBoring à la table d’à côté à qui elle lança un nouveau regarda dédaigneux. « Sachant que je ne veux pas non plus me faire nonne, le dilemme est cruel. Je crois bien que je suis condamnée à enchaîner les déceptions dans ce cas. » poursuivit-elle, un air faussement abattu. Ses traits se transformèrent en une légère grimace alors qu’elle levait brièvement les yeux au ciel. « Ou alors me mettre aux filles. » lança-t-elle, perplexe. « Hmmm non. Elles sont toutes aussi chiantes que les mecs. » Si les personnes avec qui elle s’entendait le mieux sur cette planète étaient des filles, elle savait que beaucoup de femmes (elle la première) avaient tendance à verser dans le dramatique un peu trop facilement pour qu’elle puisse le supporter au quotidien. S’ensuivit un long pronostic sur le sort des mariés, sur la durée potentielle de leur union et la manière inévitable par laquelle elle prendra fin, avec pertes et fracas. Poppy étant Poppy, elle fit une nouvelle référence littéraire en mentionnant les sorcières de Macbeth. Bianca laissa échapper un léger rire, la comparaison était effectivement bien choisie, mais dans son habituel esprit de contradiction, elle ne put s’empêcher d’émettre une hypothèse un brin différente. « Ou alors. Trop lucides, on remarque les évidences que ces ignares – trop aveuglés par un peu de niaiserie – sont incapables de voir. » proposa-t-elle, un peu blasée. C’était fatiguant de toujours voir à l’avance ce que les autres mettaient une éternité à comprendre, trop intelligentes pour ce monde. « Désolé de briser ton rêve hon’. » enchaina-t-elle, sachant à quel point Poppy rêverait de s’identifier à une des sorcières de ces vieux bouquins dont elle raffolait. Le sujet dérapa finalement sur Adrian, fiancé et très prochainement époux de Reese, leur Reese. Elles semblaient toutes les deux partager le même avis à son sujet, pas fans, mais lui le laissant le bénéfice du doute. « Dans un bon jour alors. Je penche davantage pour un malencontreux accident à l’acide sulfurique. Bye bye italian charm. » répliqua-t-elle immédiatement lorsque Poppy mentionna de lui briser les jambes si jamais il venait à déconner avec leur amie. A moitié sérieuse, à moitié cocasse, il était certain que le Barsentti allait devoir faire attention à ses actes s’il ne voulait pas subir son courroux. Elle finit sa coupe de champagne puis se rapprocha de son interlocutrice pour éviter de faire de nouveau partager le contenu de leur conversation au reste de leur table. « Bon. Ca me brûle les lèvres depuis un moment. » commença-t-elle, regardant Poppy droit dans les yeux, avant de reprendre. « Toi. Ton ex. Une grande maison. Seuls. » Elle arqua un sourcil et un large sourire entendu s’afficha sur ses lèvres. « Certaine que toute cette histoire est purement platonique ? » reprit-elle. Elle ignorait comment Poppy et Taran étaient capables de vivre ensemble de la sorte après leur histoire, sans qu’aucun des deux (ou même les deux) n’ait envie de sauter sur l’autre, en souvenir du bon vieux temps. « Je sais que ça ne serait pas le cas si j’étais à ta place. » plaisanta-t-elle. Rien qu’une petite fois de temps en temps, pour le sport. Et puis comme Poppy l’avait annoncé plus tôt, avec lui elle saurait à quoi s’attendre, elle ne pouvait pas être déçue. « Même si, se remettre avec son ex, ew. » nuança Bianca, avant de reprendre son fameux motto, qu’elle sortait bien plus que de raison à ses amies (qui le cherchaient un petit peu). « C’est un peu comme se planter à un test pour lequel t’avais déjà toutes les réponses. » Elle servit deux nouvelles coupes de champagne, une pour Poppy, une pour elle et se laissa tomber dans le fond de sa chaise, lassée par la platitude de ce mariage. Il n’y avait aucune action, tout était plat et si ce n’était pour Poppy, elle serait déjà rentrée chez elle depuis longtemps. « C’est con. J’aurais bien voulu te trouver quelqu’un de nouveau aujourd’hui, même si je sais que tu détestes ça – ou plutôt surtout parce que je le sais – mais on ne peut pas dire que l’on soit gâtées niveau prétendants. » lâcha-t-elle de manière nonchalante alors qu’elle sirotait de nouveau le verre qu’elle avait en main. Le champagne et la compagnie de Poppy, les deux seuls intérêts qu’elle trouvait à cette cérémonie.

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    am i alone in your heart, have i hope with your heart ? she's such a teaser, she's such a star. give me a reason or gimme a chance. am i alone in your heart, or am i alone ? it tears me apart. am i alone ? doing all i can do, just to be close to you. every time that we meet, i skip a heartbeat. always up for a laugh, she's a pain in the arse. every time that we meet, i skip a heartbeat. heartbeat - scouting for girls ;; aurore
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