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 december again poppy/marcus

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Ollie Myers
MEGAMODEST i never boast... or just a little.
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Messages : 983
Date d'inscription : 14/08/2010
Age : 27

MessageSujet: december again poppy/marcus   Dim 11 Fév - 3:14

Poppy Bloom a écrit:
this time last year,
i could have told you who I was,
and who I was going to spend
the rest of my life with.
Twelve months have passed
and now all I’m sure about…
is that it’s December again.

À ce stade, c'en est presque risible. Peu importe où Poppy se force à poser les yeux, il est. Près de la cheminée, un verre vide en main, dans l'embrasure de la porte, une conversation agitée en bouche. Quand ses iris sondent l'horloge du salon, il se trouve juste en dessous, son ombre titillant le cadran. Quand elle cherche à échapper à la forêt bruyante de coupes et petits fours en s'éclipsant sur la terrasse, il est sur ses talons, accompagnant une paire de fumeuses. Poppy, fidèle à elle-même, appose logique sur irritation. Il est grand. Trop grand pour cette pièce encombrée, bourrée de gens et de souvenirs. Car il y en a des gens, toutes générations confondues, foule d'individus remplis à ras-bord d'anecdotes amusantes et de bons voeux de fin d'année, et Poppy tente tant bien que mal de s'immerger dans leurs histoires. Elle est venue en spectatrice, avec peu à contribuer et tellement à entendre. La pièce grouille de bonnes intentions, avec juste ce qu'il faut d'humour pour leur ôter tout caractère mièvre et Poppy, devenue bien plus cynique qu'elle ne le croyait possible, en a besoin. Elle veut se frotter à cet optimisme jusqu'à ce qu'il déteigne sur elle. Jusqu'à faire briller sa maudite rouille. Elle en a besoin. Tragiquement, elle ne parvient pas à se concentrer, et sa propre propension à la distraction l'agace. Car elle sait quelle en est la cause, et celle-ci n'a rien de noble. Lui. Bien trop grand pour cette pièce, pour son champ de vision, pour la soirée. Il prend toute la place. Voila pourquoi ses yeux ne cessent de tomber sur lui, quoi qu'elle fasse. Fatalement, ça n'aide pas que Lily-Ann Dunbar, patronne de l'association, grande confidente de la mère de Poppy et leur hôte pour la soirée, paraisse déterminée à forcer leurs chemins à se croiser dès que faire se peut. Poppy voit clair dans son jeu qu'elle, du reste, ne fournit aucun effort à masquer. Ils sont deux, ils sont célibataires, ils ont le même âge et sont apparemment compatibles du fait qu'ils sont intéressés respectivement par le sexe opposé et parlent tous deux anglais. La réflexion n'a sans doute pas atteint des sommets plus élevés de subtilité. Alors oui, il semble extraverti, cultivé, il dédie sa carrière à venir en aide aux gosses démunis donc il n'atteint probablement pas un score record sur l'échelle de Génie du Mal et - elle a fini par se l'avouer, car le déni ne l'amenait nulle part - il n'est franchement pas douloureux à regarder. Malgré cela, il lui court sur les nerfs. Peut-être que c'est la religion avec laquelle elle traite ses propres secrets, fervente défenseuse de son intimité, jamais prête à laisser quiconque forcer le portail; pas même Lily-Ann et ses bonnes intentions. Peut-être que c'est son foutu esprit de contradiction, incapable de se laisser porter, décidée à ce que personne ne l'approche si elle ne fait pas un pas dans leur direction, et restant paradoxalement statique. Par respect, par affection, par bonnes manières et par simple habitude, elle joue le jeu. S'empêche de plaquer une paume sur la bouche de la vieille dame chaque fois que celle-ci lui chante les louanges de son jeune collaborateur et/ou de s'écrier for heaven's sake Lady, do you realise how close you are to being arrested for pandering? A la place, Poppy s'occupe le bout des doigts avec son collier Lariat, et le bout des lèvres avec un toast de tapenade. Au grand dam de Lily-Ann, il lui sera impossible de voir ses deux protégés échanger un sourire ce soir, car Poppy s'est décidée pour une stratégie dite 'de la savonnette' : peu importe où se trouve Mr Gendre Parfait, elle est à l'opposé. Quitte une alcôve quand il y apparaît, va à droite quand il s'aventure à gauche. C'est un jeu qu'elle ne joue pas contre lui, mais bien contre la maîtresse de cérémonie et, jusqu'ici, elle est gagnante. La soirée de Noël des Dunbar, bien qu'imprévue (Poppy n'a répondu à l'invitation qu'à la dernière minute, et uniquement pour faire plaisir à sa mère, après tout) s'est avérée agréable. Poppy sourit, converse, débat, grignote, virevolte, va même jusqu'à accepter l'invitation à danser d'un adorable retraité qui lui écrasera par trois fois les orteils du pied droit. Le salon est tiède, le jazz est feutré, il neige dehors et elle doit bien se rendre à l'évidence, aussi non-poppiesque soit-elle; this is nice. Elle est occupée à combattre avec humour les offensives d'un couple de sexagénaires - ils veulent absolument qu'elle leur joue un morceau au piano, alors qu'elle leur répète n'y prendre aucun plaisir - quand Lily-Ann lui tombe dessus. Elle lui glisse, entre les doigts, une pile d'assiettes presque vides et, à l'oreille, un "get that in the dishwasher, won't you sweetheart?" Poppy, sa bonne éducation étant sa qualité majeure, s'excuse auprès de ses interlocuteurs et s'exécute avec sourire et légèreté. La cuisine est vide. Elle referme la porte derrière elle. Dos à la porte, un kilo de porcelaine entre les mains, elle savoure ce moment. L'odeur de cannelle et de mandarine. Le goût rond du vin rouge contre ses lèvres. Les premières notes étouffées de All of Me de Billie Holiday filtrées depuis la pièce adjacente. De toutes les leçons enseignées par ce monstre de 2017, peut-être que la plus importante est celle-là. Stop and smell the roses. Fredonnant sans s'en rendre compte, Poppy contourne l'îlot central, encombré d'une nécropole de restes de l'apéritif, ouvre le lave-vaisselle et s'attèle à sa tâche de faire rentrer huit assiettes dans un appareil déjà plein, compensant par l'imagination ce que la physique refuse. L'exploit n'étant rien de moins que précisément cela, un exploit, Poppy célèbre. Confiante dans sa solitude, elle se hisse sur le plan de travail avec des mouvements experts, malgré la coupe droite de sa robe, et décroche un verre à pied de l'étagère, avant de le remplir avec la bouteille moitié pleine laissée là. Elle est dans cette position, jambes croisées pendant devant la porte du four, un verre de rouge entre les mains, lorsque la porte s'ouvre. Elle le sait avant de le savoir. Elle ne l'a pas encore vu et est déjà certaine que c'est lui. Parce que qui d'autre ? "Sorry, I didn't get your name. Marcus, was it?" Et si son ton est sarcastique au possible, c'est bien parce que depuis qu'ils se sont rencontrés, il y a quelques mois à peine, ils ont été présentés trois centaines de fois. Rien que des lèvres de Lily-Ann, facilement treize occurrences de "Penelope dear, have you met Marcus?" "Are you following me now, or did she actually send you in here as well?" Parce qu'il faut lui reconnaître ça, à leur entremetteuse, peu importe ses défauts, la vieille chouette est tenace. "Not sure she thought this all the way through. You, me, alone in the kitchen. 't would have been enough to ruin a young lady's reputation in Victorian times." Elle hausse les épaules, sirote son Côtes du Rhone, impassible, un reflet un rien espiègle au creux de la paupière. S'il a remarqué qu'elle l'évite comme le fichu choléra, il est sans doute suffisamment intelligent pour s'apercevoir que ce n'est pas lui, le problème. Que c'est simplement Poppy, Lily-Ann, cette foutue ville et trop de choses à prouver.

Marcus O'Hara a écrit:
Everybody should smile. Life really isn't that serious. We make it hard. The sun rises. The sun sets.
We just tend to complicate the process.


C’est le côté qu’il aimait le moins de son boulot, si tant est que l’on puisse appeler ça un boulot. Les réceptions en grande pompe, les collectes de fonds où participaient des gens tous plus pompeux les uns que les autres. Ces personnes qui se prenaient pour des petits bourgeois, qui tentaient de masquer leur horrible accent écossais derrière leurs manières, rendant le tableau encore plus ridicule. Ils n’étaient pas tous mauvais, non, loin de là, certains des invités portaient réellement dans leur cœur le bien-être des enfants pour lesquels l’association œuvrait, des vrais gens biens, le cœur sur la main. Mais ils étaient trop peu nombreux, étouffés par tous ces parasites qui venaient uniquement dans le but de soulager leur conscience à travers un chèque et de se montrer dans la soi-disant élite de Fortingall. Comme s’il pouvait possiblement y avoir une élite dans ce trou perdu écossais dans lequel il avait été forcé d’élire domicile. Un village minuscule qui lui faisait amèrement regretter sa jeunesse à Boston. Mais ce soir, il était tenu de participer à cette réception grotesque. Lily-Ann Dunbar, la patronne de l’association, lui avait indiqué qu’elle comptait énormément sur lui, que ce soir, il était son atout charme auprès des jeunes et moins jeunes femmes, qu’il devait les envoûter et leur donner une irrépressible envie de signer en chèque en faveur de l’association. Encore une fois, il détestait ce rôle, l’impression d’être un mélange entre un escortboy et un commercial, de devoir être une sorte d’objet du désir, le rendant plus mal à l’aise qu’autre chose. Mais malgré tout, malgré cette mission qui allait contre sa nature, il s’exécutait, parlait quatre-cinq minutes à gauche, échangeait un sourire à droite, servait des coupes de champagne sur la terrasse, riait aux éclats près de la cheminée. Mais parmi toutes ces invitées, Lily-Ann souhaitait que Marcus en charme une bien plus que les autres. Pas pour les besoins de l’association non, mais simplement car sa patronne s’était faite la mission de les caser tous les deux ensembles. Un "you’d make such a cute couple with Miss Bloom" par-ci, un "did you get any date with Penelope yet?" par-là, à ce rythme-là, ça ne le surprendrait même pas si, d’ici quelques semaines elle lui disait qu’ils auraient des bébés magnifiques ensemble. S’il n’était pas le plus grand fan des intrusions dans sa vie privée, Marcus croyait néanmoins énormément au destin, et force était de constater que depuis leur rencontre, Poppy se retrouvait souvent sur son chemin. C’était le genre de signes qu’il disait toujours attendre, mais qu’il ne semblait pourtant aujourd’hui pas prêt à relever, pas entièrement. Car si elle semblait être tout le temps au même endroit que lui ces derniers temps, du peu qu’il avait pu apprendre à la connaître, elle était également tout ce qu’il voulait fuir. Derrière ses traits parfaits, se cachait une jeune femme dont la négativité et la tristesse semblait inonder la vie. Des complications assurées là où lui cherchait de la simplicité, de la joie, de la bonne humeur. C’était pour cette raison, pour éviter d’être entraîné irrémédiablement vers un torrent de drames, qu’il avait soigneusement fait en sorte de ne pas croiser son chemin. Car malgré tout, il se savait tout à fait capable de se laisser attirer par ce qu’il souhaitait à tout prix fuir. Les deux ou trois remontrances de Lily-Ann n’y changerait rien, elle pouvait régir sa vie professionnelle tant qu’elle le souhaitait, il était le seul capitaine à bord quand il s’agissait de sa vie privée. La soirée approchait de son dénouement et Marcus se félicitait intérieurement d’avoir su si bien géré, de ne pas avoir cédé, d’avoir évité cette source de problèmes avec une telle agilité. Et alors que les premiers invités commençaient à partir, Lily-Ann demanda à Marcus d’aller donner un coup de main en cuisine. Sans penser la moindre seconde à un autre coup-fourré de sa patronne, Marcus s’exécuta. Il ne fut malgré tout qu’à moitié surpris quand il aperçut Penelope, seule, dans la pièce. « Hello stranger. » lâcha-t-il dans un premier temps avant de laisser échapper un léger rire à la remarque sarcastique de Penelope. « Wow how did you guess it? Is that some kind wizardry? » répondit-il simplement, sur le même ton. « Don’t tell me she forgot to mention I was a stalker when she introduced me to you. God damnit Lily-Ann, can’t you do it the right way? » rétorqua-t-il lorsqu’elle lui demanda s’il la suivait ou s’il s’agissait d’un énième piège tendu par leur hôte de la soirée. « She just told me my help was needed in the kitchen, I should’ve known better. » continua-t-il, décidant de lâcher l’ironie pour un temps. « Luckily we ain’t at those times anymore. » lâcha-t-il quand son interlocutrice mentionna l’époque Victorienne et la réputation ruinée qu’aurait pu coûter une telle situation à une jeune femme jadis. « Not that I’m expecting anything to happen in this kitchen, don’t get me wrong. » se reprit-il rapidement, maladroit. Il n’avait pas envie qu’elle le prenne pour quelqu’un de trop confiant, pas envie que ses paroles soient mal interprétées et pour le coup, il se créait lui-même des problèmes en se reprenant de la sorte. Assez gêné, il décida de la laisser pour ne pas s’enfoncer davantage. « Well. Nice talk, i’m just gonna…. » "clic." « For real? » s’exclama-t-il en tentant tant bien que mal d’ouvrir la porte de la cuisine. En vain, nouveau coup de Lily-Ann, elle avait cette fois-ci verrouillé la porte, les obligeant à passer du temps ensemble. Bien décidé à ne pas subir cette situation Marcus s’approcha de la fenêtre mais se ravisa rapidement, la pièce étant à l’étage. « Fuck it, it’s going way too far. » jura-t-il, avant de se prendre, de nouveau. « Don’t take it personnally, I have nothing against you. I just know it when someone isn’t interested. » Car l’air impassible de Poppy ne laissa que peu de place à l’imagination, si Marcus ne voulait pas se laisser attirer par elle, elle, ne se posait apparemment même pas la question. Après avoir essayé deux nouvelles fois d’ouvrir – puis de forcer – la porte Marcus, résigné, prit un verre et s’assit aux côtés de Penelope, sur le plan de travail. « Well, it looks like we’re stucked in here, so why don’t you pour me a glass of this wine, you would be lovely. »

Poppy Bloom a écrit:
Don’t tell me she forgot to mention I was a stalker when she introduced me to you. God damnit Lily-Ann, can’t you do it the right way? Poppy sourit dans son verre de vin. Il est amusant, a la réplique facile, pince-sans-rire sans se prendre au sérieux, une simplicité dont elle a perdu l'habitude. Elle a passé tant d'années à voir les hommes comme des batailles à mener ou des énigmes à résoudre qu'elle en aurait presque oublié qu'ils peuvent être autre chose que des poignards en chemise. C'est presque dommage que, de tous les hommes avec lesquels Lily-Ann aurait pu vouloir marier Poppy, elle ait jeté son dévolu sur lui. Car en essayant à tout prix de les pousser l'un vers l'autre, elle n'a fait qu'interdire à la fierté de Poppy ce que ses poumons auraient apprécié. Qu'il ait été envoyé dans la cuisine n'est nullement surprenant, leur hôte les a habitué à bien pire. Cela dit, la stratégie a ses côtés ingénieux; être forcés à échanger quelques mots, ce sont déjà quelques mots de trop pour ceux qui s'évitent. Force est de constater que la tentative est réciproque : elle a soigneusement évité son chemin et lui s'est de son côté fait une joie de discuter avec chaque convive ce soir à une exception notoire. Poppy a fini par se faire une raison, Lily-Ann n'est pas aveugle, seulement bornée, car il serait absolument impossible de ne pas se rendre compte d'avec quelle dextérité ils lui ont glissé entre les doigts tout au long de la soirée. Ballet bien trop perfectionné pour être accidentel. Not that I'm expecting anything to happen in this kitchen. Dehors, il fait nuit noire et l'éclairage de la cuisine est discret, mais l'espace d'une seconde, Poppy jurerait avoir vu l'extrémité des oreilles de Marcus rougir. Machinalement, elle se mord la lèvre, comme une tentative rétroactive d'empêcher aux blagues de mauvais goût de sortir. Certes, depuis qu'elle a foulé le seuil, plusieurs heures auparavant, elle s'est occupée la moitié du système cognitif à converser avec les différents invités croisant son chemin, et la seconde à éviter Marcus. Elle ne devrait pas trouver amère la perspective qu'il en fasse de même, sauf qu'à la seconde où la main de Marcus se pose sur la poignée de la porte, Poppy se sermonne pour l'avoir mis à ce point mal à l'aise. Les yeux sur son verre de vin, il lui faut une seconde pour comprendre la raison de l'agitation de Marcus. L'addition est vite faite, fenêtre, porte, la cuisine, eux deux... Elle secoue la tête, résignée. "And we fell for it. Such amateurs." Tandis qu'il s'alarme, Poppy reste Poppy. Olympienne, détachée, gracieuse, un verre à pied dans la main gauche. Elle essaie de ne pas rejouer mentalement le regard que Marcus a lancé à la fenêtre. La fenêtre. Alors qu'il sont au premier étage. En décembre. Dans la résidence d'une dame excentrique, certes, mais non pas malveillante, et qui finira donc bien par leur ouvrir juste à temps pour que la charade ait l'air fortuite. La fenêtre, bon sang. Elle essaie de ne pas y penser. Elle échoue misérablement. Aussi, quand il se hisse à ses côtés et lui demande du vin, elle s'exécute. Attrape un verre dans l'armoire à côté d'elle, le lui tend, et tandis qu'elle saisit la bouteille pour le lui en verser, laisse échapper un rire bref. "Wow. You couldn’t wait to get away from me there, could you? Usually men do that a few months after getting to know me, not before but hey, I’m always up for novelty." Son ton est léger - sponsorisé par le succulent Château Saint Nabor - autodépréciatif mais pas offensé. Elle repose la bouteille entre eux et entrechoque son verre avec celui de Marcus, comme un toast aux prochaines vingt minutes, selon toute probabilité, de solitude à deux. Elle porte le sien à ses lèvres mais gèle le mouvement juste avant de prendre une gorgée, lançant un regard mutin à Marcus. "Let me get this straight: being stuck here with me would be perfectly fine, provided I'm interested?" Elle prolonge le dernier mot, en découpe les syllabes, un sourire dans la voix. Elle devrait sûrement veiller à ne pas trop le titiller, de peur qu'il ne tente le tout pour le tout et choisisse la fenêtre plutôt que la conversation. Ce n'est pas sa faute, elle se le répète, il rend la riposte presque trop facile. Et jusqu'à nouvel ordre, puisque rien n'est supposé se passer dans cette cuisine, elle n'a rien de mieux à faire.

Marcus O'Hara a écrit:
Everybody should smile. Life really isn't that serious. We make it hard. The sun rises. The sun sets.
We just tend to complicate the process.


C’était une catastrophe, Marcus n’était jamais aussi mauvais que lorsqu’on le forçait à faire quelque chose dont il n’avait pas envie. Alors qu’il était habituellement très à l’aise pour parler aux femmes, la situation actuelle le rendait nerveux et il agissait presque comme un adolescent sans aucune expérience. Il s’en voulait de s’être laisser surprendre de la sorte, d’avoir laissé Lily-Ann les piéger et d’être obligé de subir une conversation qu’il avait cherché à éviter toute la soirée. Du peu qu’il avait pu entreprendre de cette Penelope, elle n’allait rien lui attirer de positif, beaucoup trop de problèmes en vue qu’un joli visage ne pouvait pas justifier à lui tout seul. C’était écrit sur son front – et aussi et surtout à la réputation qu’il avait entendue ci-et-là – cette fille n’était pas vraiment une adepte des histoires heureuses mais plutôt des prises de têtes superflues. “Yeah. Well, at least I’m not claustrophobic.” lâcha-t-il, en guise de réaction à cette porte verrouillée de l’extérieur. Après un court détour inutile en direction de la fenêtre, il tenta une nouvelle fois d’ouvrir cette porte qui refusait de lui céder. Il aurait très bien pu essayer d’enfoncer la porte, mais tout ce qu’il aurait pu y gagner était de se couvrir de ridicule. Dans le meilleur des cas, il aurait réussi et aurait dû payer des réparations à Lily-Ann – en plus de faire mauvaise impression auprès des invités et de paraître pour un énorme désespéré aux yeux de Poppy – dans le pire des cas… il se serait uniquement démis l’épaule, restant lamentablement bloqué contre cette porte et une fois encore, il aurait paru désespéré aux yeux de Poppy. Car malgré toutes les distances qu’il souhaitait garder vis-à-vis d’elle, il ne se foutait pas royalement de l’image qu’elle avait de lui. Le sentiment était bizarre, toutes ces contradictions, vouloir lui plaire autant qu’il avait envie de l’éviter, Marcus en avait conscience, il était en train de s’engager sur une très mauvaise voie. Elle nota d’ailleurs avec humour qu’il voulait s’échapper avant même d’avoir eu la moindre occasion d’apprendre à la connaître, ce qui, le temps d’un instant, eu le don d’arracher un sourire à Marcus et de le tirer un tant soit peu du malaise dans lequel il était plongé. “That’s probably because I’m not like most men.” répondit-il, rentrant finalement dans son jeu et un brin prétentieux. Mais il n’avait finalement peut-être pas si tort, contrairement aux autres hommes, la première chose à laquelle il pensait avec Poppy n’était pas de trouver un moyen de la mettre dans son lit. Peut-être la troisième ou quatrième oui, mais pas la première. Gagnant en aisance au fur et à mesure que les secondes défilaient – et le tout nouveau verre qu’il avait désormais à la main allait sûrement l’aider en ce sens – il décida de poursuivre, toujours sur le même ton. “But hey, since we’re stucked in here, I guess I’ll have to get to know you.” Il esquissa un léger haussement d’épaules nonchalant, avant d’effectuer une semi grimace. “And you’ll have to get to know me. For that, I’m sorry.” enchaina-t-il, toujours sur un ton léger. Il ingurgita le contenu de son verre en deux gorgées et s’en resservi un aussitôt, persuadé qu’il allait avoir besoin d’alcool pour supporter les instants à venir. Il préférait se préparer au pire et être agréablement surpris si quelque chose de positif sortait de cette soirée plutôt que l’inverse. Mais sa camarade de confinement pour les minutes – qui, il l’espérait, ne se transformeraient pas en heures – à venir, avait apparemment décidé de continuer à la mettre mal à l’aise avec une nouvelle question qui frappa droit dans le mille. Dans un premier temps désemparé – il fût à deux doigts de recracher une gorgée de vin dans son verre – il réussit néanmoins à regagner une partie de son sang-froid quelques secondes plus tard. “Let’s just say it’s easier to hang out with someone who wants to. But I don’t know, are you? I mean, interested.” questionna-t-il à son tour. Si elle voulait jouer, lui aussi pouvait participer, et dès qu’il s’agissait d’une compétition, Marcus n’avait qu’une seule chose à l’esprit : la victoire. En s’engageant sur cette voie, il prenait un risque, le risque de tomber dans le piège qu’il voulait à tout prix éviter : l’apprécier, peut-être même tomber sous son charme. Mais le risque était de toute façon devenu inévitable au moment où Lily-Ann les avait enfermés dans la cuisine. “What do you think she sees – Lily-Ann – in both of us, to want us to get together so badly?” s’enquit-il finalement, changeant de sujet. C’était une question qu’il s’était déjà posé plusieurs fois, pourquoi eux ? Qu’avaient-ils en commun ? “Don’t get me wrong, you’re stunning and everything, but I don’t know, we’re just… strangers.” poursuivit-il. Il n’avait jamais rien compris à ce système d’entremetteuse, ce qui pouvait pousser les gens à vouloir réunir deux personnes qui ne se connaissaient ni d’Eve, ni d’Adam, la seule chose que cela pouvait créer était un gros malaise, à l’image de ce qu’était en train de vivre Marcus. “Or maybe she’s just that bored.” lança-t-il en guise d’hypothèse. “I heard rich people tend to do stupid things when they get bored.” Il regretta un instant ses paroles, se souvenant que Poppy avait fait don d’importantes choses à l’association et que, par conséquent, elle devait sûrement venir d’un milieu très aisé. Mais il décida finalement qu’il devait arrêter de s’en vouloir pour tout et la relança sur le sujet. “Do you? ” Qui savait, peut-être qu’eux aussi finiraient la soirée en faisant quelque chose de stupide.

Poppy Bloom a écrit:
Poppy baisse les yeux sur son verre, se mord la lèvre inférieure. Joke's on you Lily-Ann, parce que si leur bienaimée entremetteuse espérait vraiment faire fondre le glacier présent entre eux durant la soirée, elle n'aurait probablement pas pu plus mal s'y prendre. Si elle croyait que la cuisine, le mois de décembre, le vin et le tête-à-tête constituaient le décor parfait pour faire naître les flammes d'une romance, c'était clairement mal les connaître. D'un côté de la bouteille est assise Poppy la maladivement têtue, qui préfère allègrement se prendre le mur plutôt que de passer par l'embrasure de la porte à condition que celle-ci lui ait été ouverte par quelqu'un d'autre. De l'autre, Marcus qui, bien qu'elle le connaisse depuis - toutes leurs rencontres accidentelles mises bout à bout - quarante minutes à tout casser, semble posséder une propension notable à l'inconfort. Etonnant, pour quelqu'un dont le charme est carrément tape-à-l'oeil, presque indécent, d'être si facilement déstabilisé. Cela ne devrait pas divertir Poppy à ce point, mais elle apprécie ce nouveau pouvoir qu'elle vient de se découvrir, celui de lui faire avaler son vin de travers. Et tant pis si le terrain s'avère un tantinet dangereux, aussi opiniâtre qu'elle soit, elle est toutefois moins bornée qu'elle n'est courtoise, et si la seule autre option est d'ignorer Marcus dans le seul but de prouver quelque chose, elle préfère le banter infusé au vin rouge. Lorsqu'il lui annonce qu'ils n'ont pas d'autre choix que d'apprendre à se connaître, elle fait marche arrière. Maladroitement. "No I wasn't - I didn't -" Elle veut lui indiquer que ce n'était rien d'autre qu'une blague, qu'il n'a aucune raison de prendre cela comme une invitation à la proximité verbale, qu'il est bien la dernière personne sous ce toit à qui elle veut se présenter car le speed-dating improvisé plairait bien trop à Lily-Ann mais le balbutiement s'essouffle sur sa langue. Aussi irritante que soit la réalisation, il a raison. A part fixer l'horloge au dessus du buffet, c'est la seule potentielle activité. But I don't know, are you? I mean, interested. Très bien, une des deux seules potentielles activités. S'il espère sincèrement que Poppy réponde à ça, il se fourre le doigt dans l'oeil. Mutine, elle lui décoche un regard amusé avant de plonger les lèvres dans son verre de vin. Elle est passée maître dans l'art d'éluder, puisqu'elle refuse de mentir - ou en est biologiquement incapable, mais Bianca insiste mordicus que ce n'est pas scientifiquement réaliste - éviter l'inconfort est son mouvement signature. Ce n'est pas une question à laquelle elle veut, ni ne sait, répondre. Car non, elle n'est pas intéressée, Poppy, elle est tout l'opposé d'intéressée, elle est carrément réfractaire, leur geôlière s'en est personnellement assurée en forçant chaque interaction. Mais à côté de ça, Taran s'en est allé, la maison est vide à nouveau, il y a le vin rouge et le profil plus que réussi de Marcus, qui lui décoche un compliment sans même avoir l'air de s'en apercevoir, soit incroyablement bien élevé, soit excessivement beau parleur et - crap. Il est doué. Elle prend une nouvelle gorgée de vin, s'accorde le temps de la réflexion. S'il savait. Bored est son réglage par défaut ces temps-ci. Ou depuis trop longtemps. "Yesterday night I watched the first three and a half Die Hard movies in bed, livetexting all of the plot incoherencies to my best friend while tipsy on very expensive white wine, so you be the judge." Et puis tant pis s'il se fait d'elle l'image d'une snob pointilleuse qui sirote trop, c'est rien de plus que ce qu'il aurait fini par découvrir s'ils avaient l'occasion de laisser le temps et les rencontres fortuites faire leur oeuvre. "Seriously though, how much does Bruce Willis weigh? There is absolutely no way in hell such a small ventilation shaft would hold this huge manbeast for twenty minutes." Il n'y a pas si longtemps, son idée d'une soirée mémorable était traîner Taran au centre médical après qu'il ait envoyé son poing dans les mâchoires de deux types différents au nom de l'honneur de Poppy, et qu'elle lui ait proposé de l'épouser. Sauf que Taran est parti il y a trois jours, emportant dans sa très prétentieusement nommée 'malle d'écrivain' les couleurs qu'il avait données à Fortingall en sa présence, et la seule distraction de Poppy est parer les coups fourrés de Lily-Ann. "Precisely, strangers." Elle hausse les épaules, rencontrant le regard de Marcus au dessus du bord de son verre à pied. Elle a l'habitude. Elle est célibataire depuis trop longtemps dans une ville où tout le monde adorait ses parents. Dans ce trou où tout le monde la croit isolée et sans défense. "You shouldn't take it personally, it's me she wants to marry off I believe. You just happen to be a man my age, whom I have no baggage with, emotional or otherwise, and who has never been arrested for public exposure." Elle marque une pause, hausse un sourcil dans sa direction. "...that I know of. There's a total of three blokes fitting that bill in the whole of this town. A dying breed." Poppy ne pense pas une seule seconde que la réflexion de leur matchmaker soit allée plus loin que ça. Il n'y a pas de compatibilité cosmique qu'elle puisse lire en eux et qui leur aurait mystérieusement échappé. Elle pense simplement que Poppy a besoin de quelqu'un, et selon toute probabilité, Marcus s'est révélé aux yeux de Lily-Ann être le seul type digne de la fille de sa chère amie Isobel. Aussi archaïque et sexiste que soit la démarche, comment la mépriser puisqu'elle tissée de bonnes intentions ? Entendant des bruits de portières, Poppy saute sur ses pieds, traverse la cuisine et se penche au dessus de l'évier pour mieux observer la scène sous la fenêtre. Un étage en contrebas, les lueurs de phares de voitures s'orientent vers le portail. "People are leaving. I give her ten minutes, then I'll get started on the shrieking."

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